logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

19/05/2010

Un peu d'histoire

La comédie musicale est un genre théâtral, mêlant comédie, chant et généralement danse.

Apparue au XXe siècle, elle se situe dans la lignée du mariage du théâtre et de la musique classique qui avait donné naissance aux siècles précédents au ballet, à l'opéra, à l'opéra-bouffe et à l'opérette. Elle s'est particulièrement développée aux États-Unis, se dissociant à partir des années 1910 du genre classique par l'intégration de musiques « nouvelles » comme le jazz. De fait, le terme évoque de nos jours principalement les États-Unis et plus spécialement Broadway.

Comme pour le terme « opéra-comique », l'emploi du mot « comédie » est à prendre au sens large : en effet, les thèmes de la comédie musicale peuvent être légers ou tragiques. Ainsi West Side Story, inspiré du drame de Shakespeare Roméo et Juliette, ne peut être considéré comme une pièce « comique ». C'est pourquoi les appellations de théâtre musical ou spectacle musical sont depuis une vingtaine d'années préférés, ainsi que le mot musical principalement pour les productions anglo-saxonnes.

Le terme désigne également par extension dans le langage courant un film musical. Les mondes de la comédie musicale et du film musical sont en effet intimement liés : de nombreuses comédies musicales ont été adaptées au cinéma dès l'arrivée du cinéma parlant. Plus rarement, il arrive qu'un film musical fasse l'objet d'une adaptation scénique, comme par exemple La Foire aux illusions de Rodgers et Hammerstein ou, ces dernières années, les dessins animés La Belle et la Bête et Le Roi lion des studios Disney.

----------------------------------------------

Origines :

En 1285, Jacques Bretel dans son Tournoi de Chauvency décrit un jeu qui a en germes toutes les caractéristiques de la comédie musicale : c'est une petite pièce théâtrale à thème amoureux, où les acteurs improvisent et s'expriment en chantant, dansant et mimant leurs sentiments. Un ménestrel, une noble dame et un chevalier sont les héros de ce « jeu du chapelet » ou « Couronne de fleurs ».

L’appellation « comédie musicale » (commedia musicale) est apparue a priori pour la première fois, au XVIIIe siècle en Italie pour qualifier les rares ouvrages musicaux légers mêlant chant et dialogue (et éventuellement danse), à l’image de l’opéra-comique français.

On retrouve cette appellation en France, de l’« Entre-deux-guerres » jusqu’à la fin des années 1960, pour qualifier de petites comédies de boulevard musicales, appelées également « opérettes légères », comme par exemple Couchette n° 3 de Joseph Szulc, Alex Madis et Albert Willemetz créée en 1929 au théâtre des Capucines. Elle n’a alors rien à voir avec la comédie musicale américaine dans sa forme primitive. Le qualificatif de « comédie musicale » refera son apparition dans l’hexagone au milieu des années 1990 pour qualifier (de façon plus ou moins justifiée) différentes formes d’ouvrages musicaux.

-----------------------------------------------

Maturité et complexité :

En 1914, le compositeur Jerome Kern commença à produire des spectacles intégrant tous les éléments de la comédie musicale. Il mettait en scène des événements contemporains, se distinguant ainsi des opérettes, qui se déroulaient généralement dans des pays imaginaires. En 1927, il composa la musique de Show Boat, sans doute la première comédie musicale s’appuyant sur un livret de qualité. Il s’agissait d’une adaptation d’un roman populaire, technique qui allait connaître un grand succès après 1940.

La comédie musicale se transforma peu à peu dans les années 1930. Les intrigues compliquées et peu sérieuses furent remplacées par des textes plus riches et des livrets simplifiés. Une orchestration spéciale (de la musique en arrière-plan d’un dialogue ou d’un mouvement) fut ajoutée, et les compositeurs firent appel aux nouveaux venus de la musique américaine, le jazz et le blues. Les chanteurs apportèrent plus de soin au travail d’acteur. En 1932, Of Thee I Sing des frères Ira et George Gershwin, comportait une satire intelligente de la situation politique de l’époque, et fut la première comédie musicale à remporter le prix Pulitzer dans la catégorie des œuvres dramatiques.

vlcsnap-2010-05-02-13h18m00s74.png

vlcsnap-2010-05-02-13h14m24s215.png
 

 

 

 

 

 

Le chanteur de jazz

 

En 1943, Oklahoma ! du compositeur Richard Rodgers, sur un livret d’Oscar Hammerstein, comportait des chorégraphies d’Agnes DeMille étroitement intégrées à l’intrigue. À partir des années 1940, le directeur de la chorégraphie acquit un rôle prépondérant et détermina la forme et la substance de la comédie musicale américaine.

my fair lady 2.jpg

 

En 1949, Cole Porter, connu pour ses chansons provocantes, écrivit un spectacle au livret de qualité : Kiss Me Kate. Frank Loesser composa les textes et la musique de Guys and Dolls (1950), mettant en scène des personnages à la vie dissolue. Après Brigadoon (1947), qui fut la première collaboration réussie entre le compositeur Frederick Loewe et l’auteur-compositeur Alan Jay Lerner, ces derniers allaient plus tard composer My Fair Lady (1956), inspirée du Pygmalion de George Bernard Shaw.

Certains compositeurs de comédies musicales, dans les années 1950, acquirent une très grande célébrité. C’est le cas de Leonard Bernstein qui écrivit la musique de Candide (1956) et de West Side Story (1957). Cette dernière comédie musicale, adaptation moderne de Roméo et Juliette fortement orchestrée et dont une grande partie est dansée (sur une chorégraphie de Jerome Robbins), eut une influence décisive sur le genre.

Dans les années 1960 et 1970, les chorégraphies notables furent Fiddler on the Roof (Jerome Robbins, 1964), A chorus Line (Michael Bennett, 1975), Dancin’ (Bob Fosse, 1978), The Man of La Mancha, adapté en français en 1968 par Jacques Brel sous le titre l’Homme de La Mancha. Stephen Sondheim, auteur des textes de West Side Story et de Gypsy, composa la musique d’une série de comédies musicales : Company (1970), Follies (1971), A Little Night Music (1973) et Sweeney Todd (1979).

---------------------------------------

Transposition au cinéma :

Crosland, le Chanteur de jazz Film d'Alan Crosland, le Chanteur de jazz (The Jazz Singer, 1927) est le premier long métrage de fiction à avoir exploité le procédé sonore Vitaphone. Le film, dont la première projection eut lieu dans un grand cinéma new-yorkais acheté en 1926 par les frères Warner, utilisait un procédé de synchronisation qui fut rapidement dépassé techniquement. Son succès (dû en partie à la performance de l'acteur principal, Al Jolson) permit toutefois au studio de revenir au premier plan et amena toutes les sociétés de production à se convertir au cinéma parlant et sonore.MOMA/Film Stills Archive 

Le cinéma offrait au genre des possibilités illimitées, un peu comme le film d’animation. En multipliant les points de vue, en suscitant des décors purement cinématographiques, certains créateurs, comme Busby Berkeley, chorégraphe imaginatif des Chercheuses d’or de 1933 (Gold Diggers of 1933, Merwyn LeRoy, 1933) et de 42e Rue (42nd Street, Lloyd Bacon, 1933) et réalisateur des Chercheuses d’or de 1935 (Gold Diggers of 1935, 1935) et de Banana Split (Gang’s all here, 1935), ont conféré ses formes les plus spécifiques au nouveau genre, en multipliant les angles de prises de vue et en libérant gestuelle et décor des contraintes théâtrales. Il est vrai qu’à la même époque certains cinéastes se contentaient de filmer platement les succès de Broadway, dont Hollywood faisait un usage presque systématique.

------------------------------------------

Âge d’or hollywoodien :

magicien oz 3.jpg

 

Fleming, le Magicien d'Oz Victor Fleming réalisa le Magicien d'Oz (The Wizard of Oz, 1939) l'année même où il travailla avec Selznick sur Autant en emporte le vent. L'humour et le fantastique souriant se combinent ici avec les codes d'un scénario visant un jeune public et avec les règles de la comédie musicale. Le rôle principal y est tenu par Judy Garland, qui n'avait alors que dix-sept ans mais qui était déjà une des stars du « musical ».

Un Américain à Paris L'intrigue d'Un Américain à Paris n'a évidemment d'intérêt que parce qu'elle est l'occasion de ballets somptueux réglés par Vincente Minnelli autant que par Gene Kelly, sur les musiques de George Gerschwin. Comme dans Chantons sous la pluie (Singin' in the Rain, coréalisé avec Stanley Donen, 1952), celui-ci prend au film une part beaucoup plus importante que ne le laisse entendre le générique, puisqu'il a la responsabilité de mettre en scène presque tous les numéros chorégraphiques. Néanmoins, on doit à Minnelli, grand amateur de peinture, l'idée centrale du film : faire de chaque ballet un hommage à un peintre français.

Les studios Warner s’étant dès 1933 affirmés comme les spécialistes du « musical des coulisses de Broadway » (intrigues se déroulant dans les milieux du spectacle) avec notamment la série des Chercheuses d’or, la plupart des majors hollywoodiennes se mirent à cultiver le « star-system » : la RKO, qui fit appel à Fred Astaire jusqu’en 1939 et l’associa à Ginger Rogers pour neuf longs métrages, parmi lesquels la Joyeuse Divorcée (Gay Divorcee, 1934), le Danseur du dessus (Top Hat, 1935) et l’Entreprenant Monsieur Petrov (Shall we Dance, 1939), tous les trois réalisés par Mark Sandrich ; la Fox, qui engagea Alice Faye, à laquelle succéda Betty Grable dans les années 1940 ; la Paramount, qui se limitait le plus souvent à l’opérette filmée et réunit le couple Jeanette Mac Donald-Maurice Chevalier ; la Columbia, qui obtint de grands succès à partir de 1941 avec Rita Hayworth, associée à Fred Astaire ou à Gene Kelly (la Reine de Broadway / Cover Girl, Charles Vidor, 1944).

astair et rogers. 2.jpg

 

 C’est toutefois la MGM qui aura le plus brillamment illustré un genre que le producteur Arthur Freed (qui eut la responsabilité de près de quarante musicals entre 1939 et 1960) a su renouveler, en particulier grâce à Gene Kelly, chorégraphe, acteur et réalisateur (Invitation à la danse / Invitation to the Dance, 1956), aux cinéastes Stanley Donen (Drôle de frimousse / Funny Face, 1957) et Vincente Minnelli (Un Américain à Paris, 1951), aux interprètes Judy Garland (d’abord associée à Mickey Rooney), Cyd Charisse (Tous en scène / The Band Wagon, Vincente Minnelli, 1953) et Debbie Reynolds (Donnez-lui une chance / Give the Girl a Break, Stanley Donen, 1953) et au chorégraphe Michael Kidd. Parmi les grandes comédies musicales produites par la firme figurent encore Un jour à New York (On the Town, 1949) et Chantons sous la pluie (Singin’ in the Rain, 1952), réalisés par Gene Kelly et Stanley Donen, et Yolanda et le Voleur (Yolanda and the Thief, 1946) et le Pirate (The Pirate, 1948), mis en scène par Vincente Minnelli.

--------------------------------------

Superproductions et diversité des genres  :

L’importance croissante accordée à la chorégraphie s’accompagna dans les années 1950 et 1960 d’une baisse du nombre de films produits et d’une tendance à la superproduction à partir de Gigi (Vincente Minnelli, 1958) et surtout de My Fair Lady (George Cukor, avec Audrey Hepburn, 1963). La comédie musicale tendant à abandonner les sujets frivoles a connu également une évolution thématique, dont les meilleurs exemples sont West Side Story (Robert Wise et Jerome Robbins, 1961), tourné dans le décor réel d’un quartier new-yorkais qui allait être démoli, et Cabaret (Bob Fosse, avec Liza Minnelli, 1972), qui excelle dans la fusion entre le réalisme et l’imaginaire du spectacle.

fievre samedi soir.jpg

Badham, la Fièvre du samedi soir la Fièvre du samedi soir (1977) dépeint l'univers des discothèques dans les années 70, à l'apogée de la vogue disco. Ce film de John Badham a battu tous les records d'entrées et John Travolta a atteint la célébrité avec le personnage de Tony Manero, un jeune employé passionné de musique et de danse. la Fièvre du samedi soir est devenu un véritable film culte, notamment grâce à sa remarquable bande originale écrite et interprétée par les Bee Gees.  

Les musiques et les danses à la mode inspirèrent quelques productions à succès, comme le Rock du bagne (Jailhouse Rock, Richard Thorpe, 1957, avec Elvis Presley), la Fièvre du samedi soir (Saturday Night Fever, John Badham sur une musique des Bee Gees, avec John Travolta, 1977) et Flashdance (Adrian Lyne, 1983). Le cinéma continua néanmoins à adapter les succès de la scène : Un violon sur le toit (Fiddler on the Roof, Norman Jewison, 1971), Hair (Milo? Forman, 1979), A Chorus Line (Richard Attenborough, 1985) ou encore Evita (Alan Parker, avec Madonna, 1996).

------------------------------------

 Hors des États-Unis :

La comédie musicale a connu des illustrations dans de nombreuses cinématographies nationales, en Égypte, autour de chanteurs-musiciens comme Farid el-Atrache et Mohamed Abdelwahab (voir cinéma égyptien), ou encore en Inde, où elle constitue la base du cinéma le plus populaire produit à Bombay, à Madras et à Calcutta (voir cinéma indien).

L’Allemagne a connu brièvement la réussite au début des années 1930 avec des films tournés en plusieurs langues autour d’une interprète polyglotte, Lilian Harvey (le Chemin du Paradis / Die Drei von Tankstelle, Wilhelm Thiele, 1930) ; le film de Georg Wilhelm Pabst, l’Opéra de quat’sous (Die Dreigroschenoper, 1931), d’après l’œuvre de Bertolt Brecht et de Kurt Weil, demeura sans véritable postérité.

En France, si René Clair a intégré la chanson dans ses premiers films parlants (À nous la liberté, 1931), la production s’est le plus souvent limitée à de plates adaptations d’opérettes avec des chanteurs en vogue, comme Luis Mariano ; seul Jacques Demy, avec ses films intégralement chantés, a tenté de donner une forme originale au rapport du cinéma et de la musique (les Parapluies de Cherbourg, 1964 ; les Demoiselles de Rochefort, 1967 ; Une chambre en ville, 1982).

------------------------------------

Maintenant place à la première comédie musical.

Rendez vous très bientôt avec " Le chanteur de jazz "

03:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

domage se petit contre temps car la lecture etait interessante je reviendrai plus tard bonne soirée domy

Écrit par : domy | 17/05/2010

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique